Rendez-vous manqué - Part 3

Je te tiens longtemps contre moi. Je me réchauffe de ta chaleur. Toi tu ne dis toujours rien. Tu me laisses te tenir ainsi pendant de longues minutes comme si tu avais deviné combien j’en avais besoin.

Tu me proposes d’aller me réchauffer chez toi car tu n’habites pas loin de là. Alors nous descendons ensemble la rue Auber en direction de Saint-Lazare.

Nous marchons côte à côte et silencieusement pendant un long moment. Puis sans crier gare, tu me prends la main. Ton geste amène un sourire sur mes lèvres. J’ai l’impression de te retrouver un peu.

Nous nous tenons la main et marchons en silence dans la nuit et la neige, nos pas rapidement couverts par toute cette neige qui tombe du ciel. Je lève les yeux pour contempler la nuit. Pour voir si par miracle ce soir les étoiles brillent dans le ciel mais comme toujours il n’y en a aucune dans le ciel parisien. J’ai l’impression que le monde s’est arrêté de tourner, qu’il a été mis en pause. Est-ce parce que tu es à côté de moi ?

Lorsqu’enfin nous arrivons chez toi, je suis transie de froid. J’ai hâte que tu ouvres la porte mais tu sembles hésiter comme si déjà tu regrettais de m’avoir proposé de t'accompagner. Quand enfin tu ouvres la porte et me laisse entrer, je me sens automatiquement comme chez moi. Ton appartement n’est pas très grand mais je trouve qu’il te ressemble. Son agencement et ses nuances me rappellent celui que nous avons partagé.

Tu m’installes dans le canapé et tu t’en vas dans la cuisine nous préparer des boissons chaudes. Je ne sais pas si je dois te rejoindre, parcourir ta bibliothèque ou faire le tour du propriétaire alors je reste assise sans bouger en essayant de ne penser à rien.

Mon cœur lui bat la chamade. Je laisse mes yeux se perdre dans la pièce et je tombe sur la photo de Jonathan à 2 ans. Le voir me bouleverse et ravive la peine alors rapidement je détourne les yeux et les reporte sur un tableau accroché au mur en essayant de calmer les battements de mon cœur.

Tu reviens et me tends sans un mot un mug de chocolat chaud. Tu n’y as pas mis de lait et je suis touchée que tu te souviennes encore de détails aussi insignifiants.

J’attends que tu lances la conversation mais tu ne dis toujours rien. Ce silence. Pourquoi voulais-tu qu’on se voit si tu n’avais au final rien à me dire ?